A Philippe SURDEAU (promo 1959), qui nous a quitté le 11 novembre 2021

A Philippe SURDEAU

 

 

Philippe,

Si tu n’avais pas effectué ton service militaire avant de venir décrocher ton diplôme d’ingénieur à l’AGRO de Montpellier (c’était d’ailleurs encore vraisemblablement l’AGRI), je t’aurais connu beaucoup plus tôt, car nous avions approximativement le même âge. Mais, de ce fait, au lieu d’être ton condisciple sur les bancs de notre Ecole, j’ai dû attendre que tu viennes terminer ta carrière professionnelle à Montpellier, où le hasard m’avait fait demeurer.

Venu, vraisemblablement, préparer ta retraite au soleil, mais, officiellement, seconder Alfred CONESA à la présidence d’Agropolis (fondé par Louis Malassis), tu étais plein d’enthousiasme. Je me souviens avoir assisté alors à d’assez nombreuses réunions que tu présidais avec énergie. Je te rencontrais aussi dans ton bureau où tu sublimais les dossiers que je venais te présenter, en leur donnant une envergure que je n’aurais pas imaginée. C’était sur un sujet à la fois simple dans son énoncé : « que faire des nombreuses friches crées par l’arrachage des vignes », qui, à cette époque, était largement financé en Languedoc, mais complexe par ses différentes dimensions : techniques, économiques, environnementales, sociales, culturelles…. Tu as suscité de nombreux rapports. Puis, je crois que l’absence de solution englobante fiable a tout réglé. A ton départ à la retraite, on n’en a plus parlé : on avait trouvé d’autres priorités.

Malgré tout, cela avait l’air de t’intéresser sérieusement car tu étais un fonctionnaire consciencieux doté d’un tempérament curieux et volontaire. Mais ce devait quand même te chagriner un peu du fait de ta fonction antérieure de Directeur Régional de l’Agriculture de la Région Champagne-Ardenne. J’ajoute Ardenne, car, d’une part, c’était la dénomination officielle et, d’autre part, avec ton entregent habituel, tu devais bien, aussi, te préoccuper de forêt et d’élevage (tu avais d’ailleurs, quelques années auparavant, participé à des études sur le poulet et le lapin) et je te vois bien présider avec gourmandise des Comices Agricoles au milieu des Eleveurs. Mais enfin, le mot important est Champagne. Pendant plusieurs années tu as été Commissaire du Gouvernement auprès du Comité Interprofessionnel des Vins de Champagne. Si j’en crois ce que tu as écrit dans ton roman « la saga des galipes » (et oui, tu es sur le tard devenu un écrivain, agréable à lire, qui ne parlait pas seulement avec bonheur de ta grand-mère Louise !) en Champagne donc, tu as œuvré avec sagacité et détermination non seulement à la bonne entente entre les différentes familles qui composaient ce comité, le CIVC, mais aussi à tout ce qui pouvait améliorer les conditions de production et la notoriété de ce divin breuvage. Je dois ajouter cependant, que de façon très œcuménique, alors que tes camarades de promotion champenois estimaient, semble-t-il, que tes connaissances œnologiques à l’Ecole étaient plutôt légères, tu t’es ensuite bien rattrapé :  je crois que tu as réussi à connaître dans le détail la plupart des crus de notre pays. Mais je dois à la vérité de dire que c’était des connaissances beaucoup plus organoleptiques qu’œnologiques. 

Cela dit, c’est au nom de l’Association des Anciens Elèves de Montpellier SupAgro que je suis censé m’exprimer. Et c’est effectivement au sein du bureau de cette association que je t’ai le plus côtoyé. Comme partout où tu es passé, tu y as été actif et tu t’y es exprimé avec abondance, mais pas que. Certes tu participais avec conviction et constance aux débats que nous pouvions avoir, mais pour transmettre, tu retroussais les manches. Tu te voulais présent auprès de nos jeunes camarades et, tu participais à la plupart des actions en leur faveur, ou même tu les suscitais. En particulier, je me souviens de celle qui consistait à rechercher des informations qui pouvaient leur être utiles et à les transcrire en articles dans le bulletin de liaison de notre association, dont tu étais le principal animateur.  Effectivement, quand tu ne t’en es plus occupé, il a n’a plus paru….

Tu étais en outre pratiquement toujours disponible pour donner un coup de main. Par exemple, ici pour participer à la collecte de la Banque Alimentaire, ailleurs pour des actions concrètes auprès des Palestiniens…

Et puis, un jour tu n’as plus répondu, ni au téléphone ni aux courriels. Nous avons été étonnés, car tu étais un homme courtois… C’est que tu t’étais déjà engagé dans ce chemin chaotique, inconfortable, éprouvant et périlleux, encore énigmatique, qui t’a conduit jusqu’ici…

Repose en paix. Adieu Philippe.

Saint Gély du Fesc (17/11/2021)                  Jean Barciet (M56),             

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